S’accepter


Bien entendu, le Temps des Fêtes commence déjà à se faire distant et le goût de la boustifaille et des réjouissances cèdent la place à de nouvelles résolutions. Je crois que cette année devrait alors être celle de l’ouverture. C’est bien vrai que de faire sa sortie du placard est quelque chose d’important dans une vie, mais c’est encore plus compliqué de se l’avouer à soi-même, et de s’affirmer.

Bien entendu, le Temps des Fêtes commence déjà à se faire distant et le goût de la boustifaille et des réjouissances cèdent la place à de nouvelles résolutions.  Outre les kilos en trop que nous nous reprochons d’une année à l’autre, il serait grand temps que nous fassions place à de bonnes résolutions.  N’est-il pas vrai que le fait de prendre une résolution a pour but d’améliorer notre qualité de vie et de faire de nous une meilleure personne? Je suis convaincu que plusieurs d’entre vous ont bien des questions, des peurs et des doutes quant à l’homosexualité, mais n’osez malheureusement pas les poser. Je crois que cette année devrait alors être celle de l’ouverture.  C’est bien vrai que de faire sa sortie du placard est quelque chose d’important dans une vie, mais c’est encore plus compliqué de se l’avouer à soi-même, et de s’affirmer.

Bien entendu, lorsque je parle de s’affirmer, je ne parle pas de crier à toute la population avoisinante qu’on soit homosexuel.le, mais bien que, personnellement, quelqu’un puisse vivre selon son orientation sexuelle et qu’iel cesse de se torturer l’âme à chaque pensée en ce sens.  S’accepter soi-même est un geste encore plus dur à poser que de s’exposer au grand jour.  Le pouvoir de l’âme est grand, le sens critique l’est tout autant.  Bien entendu, l’homosexualité n’est pas une maladie ni un désordre génétique. Pourtant, la honte qui nous habite parfois durant cette transition est telle qu’elle torture notre esprit jusqu’à nous blesser profondément. J’ai moi-même passé par là. Dépressions et désespoir ont parsemés ma route et m’ont souvent fait perdre totalement l’espoir de pouvoir vivre ma vie comme je devais la vivre, si je désirais atteindre le bonheur. La route des autres jeunes comme moi n’est pas plus facile, mais pourtant primordiale, croyez-moi. Cette route, pour moi, aura durée près de 5 ans avant de finalement aboutir avec la certitude que j’étais bel et bien gai.  Ce processus intérieur fût une guerre du début à la fin. Rare sont les guerres qui terminent bien, mais la mienne fût couronnée d’une grandiose victoire.  Pour ceux l’ayant déjà menée, chapeau!  Pour ceux.celles qui la vivent, courage!  Nul n’est perdant.e dans un combat contre soi-même. On ne peut qu’en sortir plus épanoui.e.  Cette guerre intestine se déroule entre ce que nous croyons être et ce que nous serons une fois les armes délaissées. Pour ma part, ma guerre portait sur certains sujets comme la perception des autres, la féminisation qui pourrait s’opérer en moi et la peur d’un futur dans la peau d’un homme gai.  Pourtant, depuis, je n’ai en rien changé ma personnalité, les autres n’ont en rien changé leur opinion envers moi et je suis toujours aussi masculin que j’étais. Ce n’est pas une étiquette qu’on se pose sur le dos en s’affirmant homosexuel.le, c’est plutôt un permis de vivre qu’on s’octroie. Vivre libre et l’âme en paix.

Par la suite, ce n’est que petit à petit que nous pouvons ouvrir la porte du placard pour voir ce qui se passe à l’extérieur. On voit la réaction des gens les plus près de nous. Une fois cette première étape passée, le reste, on s’en préoccupe bien moins puisque l’opinion des personnes qui nous sont chères est bien plus importante que n’importe quel.le camarade de classe étroit.e d’esprit qui pourrait un jour pousser un commentaire désolant. Le seul fait d’être bien dans sa peau chasse la plus grande partie de nos inquiétudes, puisque nous nous rendons compte que finalement, c’est ce que nous sommes. Pas même les commentaires ou les préjugés ne pourraient changer ce que nous sommes, alors, pourquoi garder ce secret intact? C’est ce que je suis, désolé si on me désapprouve, mais je ne peux rien y changer, on tourne la page alors…  Telle est l’attitude que j’ai acquise lors de mes trois années à titre d’homosexuel à temps plein.  Toujours foncer, mais jamais provoquer. Après tout, avant même d’aimer un homme ou une femme, n’aimons-nous pas simplement une personne?


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